Les jours d'après...

Un grand silence régnait dans la maison, l’infirmière était repartie, nous avons passé quelques coups de fil aux personnes qui l’avaient demandé. Je suis restée dans le salon, à côté de Léa, Patrick était allé s’allonger sur notre lit. Nous avions besoin de solitude… A l’aube, j’ai prévenu les pompes funèbres, ma sœur et mon beau-frère sont arrivés en même temps qu’eux. Nous avons rédigé le faire-part et diverses formalités, Patrick ne disait rien et restait près de Léa.

Et puis, ils ont emmené Léa au funérarium, quel déchirement le voir le corbillard partir. On nous avait déconseillé de la garder à la maison, les personnes décédées des suites d’une maladie se détériorent très vite…. Eh, oui, il faut penser à ça !

Ma hantise était le frigo, je ne voulais pas qu’elle y aille, elle a été placée sur un matelas réfrigéré.

Beaucoup de gens sont venus lui dire au revoir. Les funérailles étaient prévues pour le mardi 4 mai.

Nous avons vécus les jours entre son décès et l’enterrement, dans le flou le plus total, Je ne me souviens plus très bien, beaucoup de monde autour de nous, beaucoup de peine de tous, beaucoup de soutien…

Tout était prêt, nous n’avions plus rien à préparer ni à penser….

Nos larmes pouvaient enfin couler librement...enfin...

Léa ne pouvait plus rien voir, maintenant.

Commentaires

1. Le lundi 31 mars 2008, 16:20 par Jeanne

" Et quand l'amour est là il n'est jamais acquis et quand il est parti il nous laisse des pourquoi...pourquoi......"(Jennifer)

Juste qu'il nous faut trouver les réponses et ce n'est pas simple pour continuer la vie.
Quand Bernard est parti, nous l'avons conduit à Bruxelles et là, on nous a laissé sur le bord de la route, nous ne pouvions pas passer la barrière pour le conduire dans l'unité d'anatomie humaine.Nous avons juste pu regarder l'espace qui lui servait de corbillard, s'éloigner sous la voute des arbres. je me souviens de ce rayon de soleil qui a illuminé la route à ce moment-là. Nous sommes rentrées chez nous et il nous fallait être debout pour assumer la suite de notre destin jusqu'au bout .Il nous fallait conduire son papa vers ce chemin de l'éternité avec ce que nous pouvions encore lui donner d'amour, de soins et de dignité humaine.
L'amour....Quand la médecine ne sait plus rien faire, nous, les parents pouvons encore leur donner cela et c'est si important.

2. Le lundi 31 mars 2008, 17:37 par Annie

Joëlle, tout au long de ma lecture mes émotions oscillaient entre frissons,sourire, larmes mais tout le long de tes souvenirs que tu as bien voulu partager avec nous, j'ai retrouver, le courage et l'envie de vivre qui faisait tellement partie de Léa et que vous vous êtes toujours employé à préserver!

Il y a beaucoup de tristesse et je trouve que la mort d'un enfant est toujours injuste mais Léa nous a appris à profiter de chaque instant, elle nous a fait voir la vie autrement et à ses amis elle a "appris" le partage, la solidarité et plein de choses simples et vrai...